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Grève des travailleurs portuaires à Rotterdam – un test pour l’Europe ?

by Chris Burns

Les centaines de travailleurs portuaires qui ont paralysé durant 24 heures une partie du port à conteneurs de Rotterdam la semaine dernière pourraient bientôt se remettre en grève à moins qu’un accord ne soit atteint avec le patronat sur les réductions de postes.

Pour les dirigeants syndicaux, le combat des travailleurs du port à conteneurs le plus grand et le plus automatisé d’Europe est suivi de près parce qu’il pourrait établir un important précédent.

« C’est un test véritablement crucial », a affirmé Livia Spera, secrétaire politique des dockers et pêcheurs auprès de la Fédération européenne des travailleurs des transports (FET), dans un entretien avec Equal Times. « La situation actuelle se doit à de mauvais choix économiques, faits à l’aveuglette. »

L’expansion du port au cours des dernières années combinée à la crise économique a résulté dans une surcapacité. Des plans ont été annoncés visant la suppression de jusqu’à 700 postes sur un effectif qui est actuellement de l’ordre de 3600 employés.

Entre temps, Rotterdam est concurrencé par les ports d’Anvers, de Hambourg et du Havre, a indiqué madame Spera.

« C’est pourquoi d’autres syndicats se sont ralliés », dit-elle. « Ce combat n’est pas seulement celui du syndicat néerlandais mais celui de tous les syndicats concernés. Ce qui arrive au port de Rotterdam a des implications pour d’autres ports. »

Lors du mouvement de grève de 24 heures, du 7 au 8 janvier 2016, le syndicat néerlandais des travailleurs portuaires FNV Havens a été rallié par la FET, la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), le syndicat belge BTB, le syndicat allemand Ver.di et la CGT de France.

Depuis le piquet de grève, Niek Stam, secrétaire national de FNV Havens a indiqué à Equal Times que la participation était « proche de 100%. Tous les grands terminaux sont fermés. Il y a des barricades, des piles de pneus. »

Il a indiqué que les autorités portuaires ont réagi en invitant les syndicats et les opérateurs à des réunions visant à une reprise des négociations. « S’il n’y a pas de négociations au cours des prochains jours ou semaines, nous lancerons un nouvel appel à la grève mais nous ne donnerons aucune information à l’avance. »

Lors d’une conférence de presse, Stam a informé les reporters que des centaines de postes étaient menacés « parce que Rotterdam est tout simplement dépourvue de la croissance industrielle requise pour alimenter ces nouveaux terminaux de même que ceux qui existaient déjà ; les employeurs essaient de jouer aux chaises musicales avec nos emplois ! »

Pour sa part, le vice-président de l’ITF, Torben Seebold a indiqué : « Après des mois de négociations infructueuses sur un enjeu aussi important, les travailleurs portuaires ont été mis au pied du mur. Ils ont le soutien des travailleurs du transport du monde entier. »

Interviewé par Equal Times, Tie Schellikens, porte-parole du port de Rotterdam, a affirmé que « quelques kilomètres » des 40 kilomètres de quais du port étaient affectés par la grève. « Seuls les terminaux à conteneurs étaient concernés, soit sept navires. Il y en a chaque jour 100. »

Il a, néanmoins, décrit l’impact de la grève comme sérieux. « Il s’agit en somme de la fiabilité du port. C’est la première grève en 13 ans. Ce n’est pas bon pour nous. Nous travaillons sur un accord. Nous étions très, très près. Nous espérons, nous pensons qu’il n’y aura pas d’autre grève. »

Selon Livia Spera, au moment de décider de l’expansion, Rotterdam « a manqué de prendre en considération les répercussions sociales. D’autres cas existent en Europe de terminaux automatisés qui ont été construits, toutefois en pleine consultation avec le syndicat. Les conséquences de ce processus d’automation ont été plus équilibrées et assorties d’un ajustement des modalités de travail, de plans de pension. »

C’est pourquoi à Rotterdam, « les syndicats réclament des dédommagements aux autorités portuaires », dit-elle.

Un autre problème à Rotterdam, selon madame Spera, est l’absence de négociations collectives. « Les décisions sont prises au niveau de l’entreprise ; il n’y a pas d’association des employeurs, pas d’accord-cadre. »

« Les syndicats sont prêts à lancer de nouvelles actions de grève au cours des prochaines semaines », précise-t-elle. « Tout dépendra un peu de comment les employeurs et les autorités portuaires réagiront à cette grève. »

 

Cet article a été traduit de l’anglais.

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