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Le Ghana assailli par une vague de grèves dans le secteur public

by Appiah Kusi Adomako

 

Pour la troisième semaine consécutive, les travailleurs du secteur public au Ghana ont entrepris une série d’actions collectives coordonnées.

Professeurs de l’enseignement primaire et secondaire, professeurs universitaires, médecins et pharmaciens réclament au gouvernement le paiement d’arriérés salariaux et de meilleures conditions de travail.

À l’origine de ces mouvements de grève se trouve une nouvelle réforme de la rémunération dans la fonction publique appelée la Single Spine Salary Structure - SSSS (Structure salariale à pilier unique).

Cette réforme mise en œuvre par la Commission des salaires et des rémunérations justes (Fair Wages and Salaries Commission - FWSC) est entrée en vigueur en janvier 2010 et portait sur une harmonisation des disparités salariales dans le secteur public.

Toutefois, certains syndicats ghanéens se sont sentis floués par la nouvelle structure salariale unique.

Les professeurs de primaire et de secondaire, par exemple, ont dénoncé le gel des augmentations salariales automatiques qui étaient, auparavant, accordées au début de chaque année académique.

D’autre part, la SSSS s’est avérée extrêmement coûteuse.

Le mois passé, le ministre des Finances du Ghana, Seth Terkper a déclaré au parlement que l’introduction de la SSSS créait, depuis décembre 2012, une situation où la masse salariale du secteur public atteignait 72,3 pour cent des recettes fiscales totales – pétrole inclus.

La dernière décennie a vu le Ghana enregistrer des taux de croissance économique parmi les plus élevés à niveau mondial, une tendance qui n’est pas sans rapport avec la découverte récente de gisements pétroliers.

Le Ghana se classe, désormais, au rang des économies à revenu moyen avec un PIB estimé (en 2012) à 40 milliards de dollars.

Cependant, le coût de la vie a lui aussi augmenté au cours des sept dernières années dû à la montée des prix des carburants et la suppression des subventions de l’État liées aux combustibles et aux services publics.

Sur une population de 24 millions d’habitants, il est estimé que 26 pour cent des Ghanéens vivent sous le seuil de pauvreté.

 

Les enseignants les premiers

Les enseignants affiliés à la Ghana National Association of Teachers (GNAT) et à la National Association of Graduate Teachers (NAGRAT) ont été le premier groupe de salariés du secteur public à se mettre en grève.

Ils ont commencé leur action indéfinie le 18 mars pour réclamer un règlement des questions afférentes à la non-négociation d’une nouvelle convention collective pour les enseignants employés par le Ghana Education Service (GES), les conditions d’emplois, les primes de rétention, les indemnités d’entretien véhicule et l’octroi d’une prime basée sur le marché pour amortir l’impact du coût de vie élevé sur les enseignants.

Le 25 mars, le président ghanéen John Mahama a rencontré les organisateurs de la grève pour trouver une issue au différend.

Le syndicat a accepté d’arrêter la grève et les enseignants ont repris les cours.

Subséquemment, les dirigeants des syndicats des enseignants ont confirmé que le gouvernement travaillait à la recherche de solutions à leurs griefs.

Cependant, moins d’une semaine après la reprise du travail par la NAT et la NAGRAT, ce fut au tour de l’University Teachers Association of Ghana (UTAG) d’entamer une grève indéfinie en soutien à leur demande pour le paiement immédiat de tous les arriérés salariaux échus depuis 2012.

L’UTAG était furieux d’apprendre que le gouvernement avait accordé à hauteur de 23 millions de dollars en paiements ex gratia à 230 députés mais se montrait incapable de réunir les 5 millions de dollars d’arriérés qu’il leur devait.

Les étudiants universitaires aux quatre coins du pays ont manifesté publiquement leur solidarité avec les professeurs en grève et ont publié un communiqué en soutien à leur action.

L’UTAG a, depuis, repris le travail.

 

En mauvaise santé

Plus récemment, c’est le secteur de la santé qui s’est vu confronter à une vague de conflits du travail.

À l’heure d’écrire ces lignes, les médecins et pharmaciens étaient en grève et les personnels infirmiers se préparaient à les rejoindre si leurs revendications salariales n’obtenaient pas satisfaction.

Le 7 avril, le comité exécutif national de l’Association médicale du Ghana (GMA) a entamé la première phase de son action collective avec un arrêt de travail dans tous les services ambulatoires et une attention limitée aux urgences et aux patients hospitalisés du 8 au 14 avril.

Le 22 avril, le syndicat a amorcé la phase finale avec la suspension de tous les services d’urgence. L’attention aux patients hospitalisés a cependant été maintenue jusqu’au terme de la période d’hospitalisation.

Le président de la GMA, le docteur Frank Serebour, a déclaré dans un entretien avec le quotidien national Daily Graphic, que l’action « s’est avérée nécessaire suite au refus du gouvernement d’accorder les primes du marché en vigueur sur les salaires de base de 2012, et ce au mépris de la décision de la Commission nationale du travail (National Labour Commission – NLC) d’allouer les arriérés liés aux primes du marché accumulés de janvier 2012 à cette date, de procéder aux ajustements nécessaires correspondant aux contributions de pension réduites de ses membres et de payer aux médecins l’écart de conversion qui leur correspond. »

Lors d’une réunion entre la GMA, le gouvernement et le Trades Union Congress (TUC) le 11 avril, toutes les parties ont convenu que « ... la question de l’écart de conversion et de la pension était traitée au niveau du Single Spine Post-Migration Technical Committee. Le gouvernement et la Ghana Medical Association veilleront au respect de ce processus.

Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU a été le dernier à s’engouffrer dans l’impasse.

En tant que figure éminente du Ghana, Annan a appelé à la fin immédiate de la grève de la GMA et a demandé instamment à toutes les parties d’œuvrer conjointement à la recherche d’une issue à l’impasse.

 

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