Burundi : le monde retient son souffle

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Face à des conflits majeurs, comme la Syrie, qui impliquent des millions de personnes, la « communauté internationale » se révèle divisée et impuissante.

Comment s’en étonner alors que, face à la descente aux enfers du Burundi, un pays petit, enclavé, l’un des plus pauvres du monde et qui dépend à 60% de l’aide internationale, tant l’Union africaine que l’Organisation des Nations unies (ONU) s’avèrent incapables d’agir ?

Cependant les informations ne manquent pas : depuis que le président Pierre Nkurunziza annonça en avril dernier son intention de briguer un troisième mandat, non prévu par les accords de paix d’Arusha, tous les signaux sont au rouge.

Manifestations violentes dans la capitale en avril, tentative de pustch en mai, mise au pas de la presse, dissidences au sein de l’armée, afflux de 220.000 réfugiés dans les pays voisins, apparition de nouveaux mouvements de lutte armée…

L’ONU elle-même dénonce une « dimension ethnique » dans les meurtres commis, des charniers, des viols collectifs, le risque d’un « effondrement complet de l’ordre public ».

Malgré cela, l’Union africaine, qui souhaiterait déployer une force de prévention de 5000 hommes, est incapable de le faire car les autorités de Bujumbura s’y opposent, que le Conseil de sécurité, bloqué par la Chine et la Russie, n’a pas donné son feu vert et que nul ne se propose pour financer l’opération.

Quant à la décision de l’Union européenne d’appliquer des sanctions économiques, son seul effet a été d’accélérer le délitement de l’État.

Autiste, sourd aux pressions, le clan des « durs » rassemblé autour du président fait le gros dos, accentuant la répression dans les villes et comptant sur l’immobilité du monde rural contrôlé par les milices à la solde du régime, les Imbonerakure.

Dans l’état actuel des choses, seul un coup de théâtre pourrait débloquer la situation, faire basculer les choses. Mais dans quel sens ?

Dans la région, personne n’a oublié qu’en avril 1994 au Rwanda, c’est l‘attentat contre l‘avion du président Habyarimana qui fut le déclencheur du génocide….

This story has been translated from French.