La violence sexiste dans le secteur de l’aide humanitaire : quand aider devient dangereux

Regardez la vidéo avec des sous-titres français: https://www.youtube.com/watch?v=NPGmqz5WsVg

Cette semaine, le monde entier a été choqué par les révélations d’abus sexuels commis par des travailleurs humanitaires d’Oxfam contre des femmes et des filles en Haïti, au Tchad et au Soudan du Sud. Même si la nouvelle a fait l’effet d’une bombe pour de nombreuses personnes à l’extérieur de la communauté du développement, pour les travailleurs humanitaires, ce n’était guère une surprise.

Un certain nombre de récits horrifiants ont fait surface au fil des ans, allant de l’exploitation d’enfants impliquant des Casques bleus des Nations unies dans des pays comme Haïti, le Soudan et la République centrafricaine à la présence de troupes étrangères et de travailleurs humanitaires qui alimentent la traite des femmes et des filles au Kosovo.

Toutefois, dans le sillage de la campagne #MeToo et des révélations en série sur le harcèlement sexuel des femmes dans de nombreux lieux et secteurs d’activité, ces dernières informations ont eu un impact significatif.

Au cours des derniers mois, Equal Times a produit une série d’articles traitant de la violence sexiste dans le monde du travail afin de mieux faire connaître le sujet et soutenir une Convention de l’OIT visant à résoudre ce problème pressant.

Nous examinons maintenant la violence sexiste contre les travailleurs dans les secteurs de l’aide humanitaire et du développement, où le problème semble être très courant. De récentes révélations dans les médias ont mis en évidence les types d’abus qui se produisent aux Nations unies et dans plusieurs autres organisations de renom.

Ces récits révèlent une tendance commune : des employés qui se retrouvent seuls dans des régions reculées sous la supervision d’un supérieur hiérarchique qui use de son pouvoir et de son influence pour harceler et maltraiter son personnel.

Si les hommes sont parfois victimes de ce type de violence, la vaste majorité des victimes/survivantes sont des femmes, alors que la vaste majorité des agresseurs sont des hommes.

Pour aborder ce problème, il convient en premier lieu de s’attaquer à l’inégalité entre les sexes, à la culture " cow-boy " et au sentiment d’impunité qui règne au sein du secteur de l’aide humanitaire et qui permet aux hommes d’intimider les femmes dans leur région et expatriées. Toutefois, ce phénomène n’affecte pas seulement les employés en mission, il se produit également dans les sièges de ces organisations internationales dans des villes telles que New York, Genève et Bruxelles.

Parler de ce problème reste cependant extrêmement difficile et délicat. Equal Times n’a pas réussi à trouver de rescapés disposés à en témoigner publiquement. Par conséquent, nous avons interviewé une travailleuse du secteur de l’aide humanitaire qui n’a pas été victime de violence sexiste, mais qui a pu partager avec nous ce à quoi ressemble le travail dans ce secteur.

Nous avons également discuté avec une spécialiste de la diversité des genres pour vous présenter la vidéo suivante.